Historique

Le squat sanitaire "Le Marabout du 46"

 

 

 

L'association "Le Marabout du 46" 

 

Un collectif citoyen, « logement-santé » a ouvert un squat en février 2007.

 

Ce squat s’est d’entrée défini comme thérapeutique et accueillant des personnes vivant à la rue depuis longtemps et avec une expérience de trouble psychiatrique sévère.

 

Le Marabout du 46 a été d’abord l’association porteuse de cette expérience de désobéissance civile. DE nombreux acteurs citoyens, voisins, artistes, interviennent dans le lieu et proposent spontanément leurs services pendant plus d'un an et démi.

 

Ce squat a été ensuite légalisé, en octobre 2008.

 

S’en suit la visite de deux ministres en 2008, Madame la Ministre de la santé et des sports Roseline BACHELOT et le Secrétaire d'État chargé du Logement et de l’Urbanisme Benoist APPARU.

 

Le Marabout obtient le statut de maison relais le 1er septembre 2009.

 

Le Marabout a depuis le départ (2007) pour objectif de faire reprendre progressivement à ses occupants un contact avec un espace privé et une vie collective en respectant leur temporalité.

 

Ce lieu a pour vocation de contribuer au rétablissement sanitaire et social des personnes sans chez soi atteintes de troubles psychiatriques sévères.

 

Ce lieu accueille les personnes les plus vulnérables d’un public déjà désigné comme « très vulnérable ».

 

L’accueil au Marabout est inconditionnel.

 

Les personnes peuvent accéder à un logement, quelque soit leur état de santé ou leur situation administrative.

 

Les personnes sans papiers, beaucoup accueillies au début de l’expérimentation, sont malheureusement, depuis son institutionnalisation progressive, le plus souvent refusées. 

 

Les objectifs spécifiques sont :

 

  • d’être un lieu soignant,
  • d’être un lieu de mise à l’abri et un lieu passerelle,
  • d’aider le résident à reprendre en main son projet de vie,
  • d’aider le résident à développer ses compétences et les valoriser.

 

L’orientation des personnes vers le Marabout était sous la responsabilité des intervenants de l’équipe MARSS jusqu’en 2014.

 

L’équipe adressait directement depuis la rue ou à la sortie d’un établissement de santé.

 

L’association HAS est responsable de sa gestion administrative et financière depuis fin 2008, et depuis 2014 de sa gestion globale.

 

L'association Marabout du 46, indépendante d'HAS, a été réactivé en 2015 avec l'ouverture d'un nouveau lieu, au 3 Rue Socrate.

 

 

Pour en savoir plus sur l'experience de ce premier squat légalisé:

 

Processus d'écriture collective des squatteurs

les insensés senssible (Claire Warren)

 

Processus de régularisation du squat :

http://www.marseille-sante-mentale.org/newsletters_archives/lettre_00/note_etape_46b.pdf

 

                      A Ecouter: Le Marabout du 46 - la construction d'une psychiatrie de rue

http://www.intempestive.net/le-Marabout-du-46-la-construction

 

                A Lire : À la rencontre des malades livrés à la rue, Le Figaro, 2 Novembre 2010.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2010/11/01/01008-20101101ARTFIG00532--la-rencontre-des-malades-livres-a-la-rue.php

 

 

 

 

 

 

 

 

En quelques mots

 

MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Social et Sanitaire) est aujourd'hui à la fois une équipe de l'AP-HM composée d'une quinzaine de salariés et un mouvement qui comprend de nombreux citoyens volontaires qui participent à différentes actions ayant toutes pour objectif plus de justice sociale. 

 

MARSS est né en 2005 d'une rencontre entre deux pratiques : celle de la psychiatrie communautaire de rue, développée aux Etat-Unis dans le cadre d'un projet de recherche rattaché à l'université de Yale, et celle de la réduction des risques à Marseille, dans la rue également, mis en place par Médecins du Monde, une ONG médicale française.

 

MARSS développe depuis sa création différents projets expérimentaux dans différents domaines, ayant tous pour objectif de reduire les inégalités et les injustices.

 

MARSS a d'abord développé un travail de rue quotidien des 2005 à la rencontre de personnes ayant passé de longues années à la rue.

 

L'équipe a participé à l'ouverture un squat en 2007,dans la rue curiol, rue  de Marseille à la sociologie trés particulière .

 

Ce lieu est devenu un lieu de vie commuanitaire, puis a convaincu l'etat de mettre en place un programme de rechercche évaluative « un chez soi d'abord » qui a débuté en 2011.

 

En 2015 MARSS a participé à l'ouverture de plusieurs squats, dont celui de la rue socrate et et travail étroitement avec l'association le Marabout du 46.

 

MARSS a également développé des programmes d'auto-support par les pairs à l'hôpital et en ville (groupe d'entendeurs de voix, groupe prarano) et d'accompagnement à la maîtrise des moments de crise.

 

MARSS a initié avec des partenaires, un programme d'inclusion professionnelle en milieu ordinaire et a créé le premier diplôme universitaire autour du rétablissement. 

 

MARSS possède en son sein des chercheurs qui sont en lien direct avec les intervenants, et qui sont, pour certains, eux-même intervenants.

 

Cette équipe de recherche au sein de MARSS possède entre autres des compétences d'ingénierie de projet et d'évaluation.

 

 

 

 

Naissance du programme « Un chez-soi d’abord »

 

Les personnes sans-abri rencontrées par l’équipe MARSS dans la rue n’ont cessé de répéter qu’elles avaient d’abord besoin d’un logement avant de soins.

 

L’ouverture d’un squat, faute de financement, en 2007, a permis à l’équipe de commencer à répondre à cette demande insistante.

 

En 2008, la ministre de la santé visite ce squat et commande un rapport à un des membres de l’équipe MARSS, sur la santé de personnes sans chez soi.

 

Ce rapport, remis début 2010, insiste sur la nécessité de mettre en place un programme expérimental testant l’accès à un chez soi directement depuis la rue et non conditionné par l’acceptation d’un suivi thérapeutique.

 

La ministre de la santé avec le ministre du logement décident de financer cette expérimentation.  

 

Fin 2011 le programme débute sur 3 villes.

 

En Mars 2014, plus de 700 personnes sont inclues. 

 

Les premières analyses intermédiaires ont été produites fin 2014 et ont montré des résultats trés encourageants avec une reduction significative de la durée moyenne d'hospitalisation et une amélioration de la qualité de la vie.

 

Histoire du projet de recherche participatif : une folle histoire de fou

 

 

Durant l’été 2013 un meurtre violent d’un jeune étudiant est commis dans une rue passante du centre-ville de Marseille.

 

Une personne avec une étiquette de schizophrénie, prénommé Mohamed, d’origine maghrébine, et qualifiée de SDF, est arrêtée le lendemain et désignée par la police comme le suspect numéro un.

 

 

Un emballement médiatico-politique s’en suit.

 

Des propos racistes fleurissent sur la porte d’une maison d’accueil ou il vit depuis plusieurs années.  

 

 

Dans des blogs d’extrême droite des propos haineux et vengeurs sont proférés.

 

 

Mohamed va être enfermé en hôpital psychiatrique pendant plus de 2 mois.

 

 

Il sera ensuite reconnu innocent.

 

 

Suite à cet emballement, des chercheurs du programme MARSS ont décidé de retracer les différents points de vue des acteurs et témoins directs de cet événement et de ses conséquences.

 

 

Un chercheur indépendant, Ali Benreskala, sociologue autodidacte a été sollicité pour cette mission spécifique.

 

 

A travers un dispositif original, le musée nomades, un conteneur est posé dans la ville pendant 1 semaine, à 4 endroits importants de cette histoire.

 

 

Durant cette semaine, autour d'un café, de photos, des textes et témoigange reccueillis auprés des passants l'équipe  recupére ainsi de données "au hasard des rencontres".

 

 

Des entretiens individuels, des focus groupes et des dispositifs de restitutions réguliers regroupant une pluralité d’acteurs ont permis d’enrichir les résultats de cette étude.

 

 

Cette équipe a ainsi essayer de retracer la construction sociale de cette rumeurs qui a aboutit à la mise en accusation d’un innocent. 

 

 

Pour pouvoir partager leurs résultats et aussi pour recueillir d’autres informations, ils ont décidé de faire appel à différents artistes qui ont proposé différents dispositifs.

 

 

Une manifestation de 4 jours en mars 2015, à la cité des arts de la rue, avec le soutien de nombreux acteurs impliqués, a permis de restituer une première étape importante de ce travail.

 

 

Un livre a été écrit par Ali Benreskala,  "La folle histoire de fou" (sans "s" car à marseille, ils se perdent dans les rues étroites).

 

 

Un site web a été créee qui permet d'accéder à quelques moments filmés (lafollehistoiredefous.com). 

 

 

Une nouvelle manifestation de 3 jours a été organisé en 2016.

 

 

(Michel Rowe, sociologue, co-directeur de léquipe de recherche Yale Program for Recovery and Communty Health)

 

Histoire de l’équipe de recherche au sein du programme MARSS

 

Le programme MARSS est lié à la recherche de par sa double origine, la pratique du rétablissement d’une part, et la pratique de réduction des risques d’autre part.

 

En effet ses deux pratiques, doivent une bonne partie de leur reconnaissance et leur essaimage dans différents pays du fait d'une démarche de mise en valeur scientifique de leur pertinence/efficacité.

 

Le programme MARSS s’est défini dès le départ comme une expérimentation et a donc développé un certain nombre de démarches évaluatives.

 

D’autres recherches comme celle sur l’étude rétrospective sur la mortalité des personnes de la rue à Marseille, ou l’essai randomisé multi-site « un chez soi d’abord » ont permis d’élargir le champ d’activité de cette équipe.

 

Aujourd’hui composé de 5 salariés et d'etudiants, cette équipe a pour premier objectif de produire des données aidant le programme MARSS et des programmes similaires a améliorer leurs activités existantes et de développer d’autres offres reconnues comme les plus pertinentes.

 

Elle intègre dans sa compostion des personnes qui sont "passé par là", c'est à dire qui ont connu la psychiatrie et/ou la rue et/ou des problèmes d'addictions.

 

Un autre objectif important de cette équipe et de produire des données aidant les décideurs politiques.